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Format : A5 : 21 x 14.8
Pages : 188
Ce roman est constitué de trois volets qui s’articulent comme un triptyque dans la continuité d’un récit cathartique ayant pour thèmes la mort, l’amour et l’abus de pouvoir. La mort regardée en face comme le cerf regarde le canon du chasseur. L’amour entre séduction, manipulation et transcendance et l’abus de pouvoir imposé et subi, purgé par un mode opératoire inattendu.
Un regard oblique vers la mort
“Je sais bien à l’avance qu’Estelle m’abandonnera la place du mort, là où il a passé ses dernières heures sans rien laisser paraître, dans l’attente, dans la résolution du dernier acte volontaire possible, celui de ne pas subir la mort hospitalière, la mort constatée sur écran, de choisir la mort au bout du fusil, de l’autre côté du canon, celui du gibier, celui qui efface la vie, qui nique la mort le doigt sur la détente avec le courage du désespoir.”
Une fleur nommée Capucine
“Un passage de Louise Amour de Christian Bobin me traverse l’esprit. Il résume le mieux ma rencontre avec Capucine et sa famille: «Elle était le mal le plus grave qui puisse m’arriver, en même temps que le seul remède à ce mal». Je vais en faire une certitude provisoire, un échafaudage pour reconstruire ma vie.”
Il a oublié sur la robe, les taches de sang
“J’ai rasé les murs en rentrant chez moi. Je suis allée prendre un bain pour tenter d’effacer l’irréparable en me savonnant convulsivement pendant que je suppose vous frottiez à quatre pattes le plancher de la sacristie dans l’espoir d’escamoter la faute, le crime. Ma mère entra dans la salle-de-bain et s’affola en voyant l’eau rougie du bain. J’étais trop jeune pour avoir mes règles, elle m’examina et se mit à pleurer comme on perd les eaux dans l’enfantement; elle m’enveloppa d’une serviette et me berça dans ses bras longuement.”




Format : A5 : 21 x 14.8
Pages : 195
Un polar atypique, intimiste. Une intrigue en pointillés qui prend des coups comme au flipper, un oiseau mort pour tout bagage, une sortie de route du quotidien.
“Je vole au secours de la veuve et de l’orphelin sans mesurer les conséquences, pourtant ça sent la série B… Inconsciemment je me cherche sans doute un dérivatif, mais aussi des ennuis, comme on cherche à se faire peur sur les montagnes russes dans les vapeurs sucrées de gaufres et de barbe-à-papa, pour le plaisir.”
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” — T’as pas l’air bien Stéphane? t’es blanc comme une geisha!
Il s’assied à côté de moi sur le banc.
— J’ai vu la Joconde passer sous un train, il en reste rien qu’un souvenir …un blouson rouge. Écoute-moi bien! …tu imagines une bombe au Louvre, – pas une bombe sexy non! – un explosif! La Joconde explose en petits morceaux que tu ramasses à quatre pattes, eh bien j’ai connu pire! …j’ai touché les mains du mec qui a lancé la bombe, tu te rends compte? …tu saisis le malheur? Je lui ai bloqué les mains dans le dos devant la Joconde explosée avec les pompiers et les flics partout …et les gens …que des traumatisés. Je suis un traumatisé du premier rang, tout juste si je n’ai pas eu du sang sur moi ou des restes humains…
— Excuse-moi, je ne comprends pas tout. On va dans ce bar, tu raconteras en prenant ton temps, en t’arrêtant lorsqu’il faut…
— Non, à la terrasse… je suis claustrophobe, je ne sais pas jusqu’à quand…
Je fixe le sous-bock rouge et or en carton qui éponge les gouttes glacées; la mousse progressivement devient de la bière il suffit d’attendre, pour moi c’est pareil, il faut que la pression diminue, que je me calme. Je lui raconte le drame dans la fumée des cigarettes et les bruits de la circulation.
— Il n’y a pas de mots pour répondre à un truc pareil… “
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“Aujourd’hui Valentin est parti imprudemment nager au large; j’ai voulu l’en dissuader mais il ne changera pas ses habitudes, l’océan l’attend, m’a-t-il répondu. Je l’ai vu s’éloigner, un point qui a rejoint le ciel sur la tangente incertaine de l’horizon.
Il a oublié de revenir.”


Format : A5 : 21 x 14.8
Des péripéties, des drames, des découvertes et l’émerveillement… Vies intérieure et extérieure se tissent et se confondent.
Pour finir deux époques et deux récits se télescopent et s’entremêlent en un jeu de miroir obsessionnel. D’une part un ado sensible et démuni en proie à des drames successifs à l’époque des trente glorieuses et en écho son alter ego confronté au confinement généralisé du printemps 2020.
” Mon problème est que j’ai vraiment du mal avec l’avenir, pour être sincère, je ne comprends même pas complètement le sens du mot, une partie m’échappe. “
” Ils sortent d’où James Dean et Elvis Presley? Agresser un handicapé, un dyslexique… j’allais leur dire poliment que j’ai un handicap, que je suis dyslexique mais je n’en ai pas eu le temps, plus rien, le trou noir. J’ai pas eu à attendre jusqu’au soir pour m’endormir, ça s’est fait d’un coup, pas le temps d’avoir mal sauf au réveil; d’après l’infirmière je suis au service des polytraumatisés. “
” La nuit je ne fais pas de cauchemar, c’est de tout repos. Je suis même devenu un spécialiste du sommeil, expert dans l’observation méticuleuse de l’instant mystérieux où l’on est presque de l’autre côté, ou si l’on est de l’autre côté, on se rappelle que l’on y est. “
“Je feuillette ces magazines en provoquant une brume de poussière. Une chemise cartonnée entoilée retient bientôt mon attention; elle contient une liasse de feuillets tenue par une sangle à boucle crantée.”